Les véhicules autonomes vont bouleverser l’aménagement du territoire ?

 

Le prochain développement des véhicules autonomes va bouleverser l’aménagement du territoire et notamment les impacts actuels du vieillissement démographique sur l’aménagement des territoires.

Par Frédéric Serrière

Les véhicules autonomes qui vont se diffuser dans les cinq à dix prochaines années sur nos routes vont permettre à des personnes à mobilité plus réduite de pouvoir continuer de se déplacer et de vaquer à leurs occupations de manière plus autonome.

D’ailleurs dans une conférence en 2017 au Japon, le directeur marketing du Toyota expliquait que Toyota voulait proposer et voulait garantir la mobilité la plus importante à tous les stades de la vie. Il expliquait que les véhicules traditionnels vont continuer de nous permettre de nous déplacer et au fur et à mesure qu’il deviendra plus difficile ou, peut-être, plus dangereux de conduire un véhicule traditionnel en vieillissant, le véhicule autonome prendra le relais. Ensuite, pour permettre aux personnes âgés de continuer de se déplacer, même lorsqu’il sera difficile de descendre de chez soi pour aller chercher son véhicule autonome, les exosquelettes Toyota prendront le relais, une deuxième fois, pour pouvoir garantir aux personnes handicapées mais également aux personnes les plus âgées – voir en début de dépendance – de pouvoir continuer de se déplacer.

Or, cette vision va avoir un impact très important sur l’aménagement du territoire, à mon sens, sur les impacts actuels du vieillissement sur l’aménagement du territoire.

Les études démographiques et sur les migrations indiquent que lorsqu’une personne âgée prend de l’âge, si elle vit en milieu rural, elle a tendance à vouloir vendre ou se séparer de sa maison, pour se rapprocher progressivement des Bourg des villes et essentiel de la vie sociale et des commerces. Ces déménagements n’arrivent pas forcément à un âge avancé de la vie, mais arrive également, lorsque les jeunes Seniors commencent à être fatigués ou à ne plus avoir envie de s’occuper de leur maison jugée trop grande ou de leur jardin qui demande un effort trop important pour son entretien. D’ailleurs, les agences immobilières voient cette hausse du nombre de Baby-boomers qui recherchent, généralement, un appartement de moyenne taille, proche des commerces et donc dans les Bourg des villes ou en centre-ville.

Ces déplacements des Seniors du millieu rural vers les villes, sont également impactés par la baisse de la mobilité.

L’autre phénomène dont je voulais vous parler est que lors ce que nous vieillissons nous devenons progressivement moins mobile et le temps passé chez soi augmente parce que l’on peut rencontrer une plus grande difficulté à se déplacer et une moindre envie de sortir.

Ces deux phénomènes que sont la migration vers les Bourgs des villes et le temps passé chez soi qui augmente en vieillissant, pourraient bien être impacté par l’arrivée en masse des véhicules autonomes.

D’autant, car mon sens, les premiers acheteurs de ces véhicules, au regard de leur prix, sera à mon sens les « geeks », les Csp supérieures, mais aussi la génération du Baby-boom qui sera vraiment en âge de demander les bénéfices de ces véhicules, mais aussi, qui aura les revenus et les ressources nécessaires pour les acheter.

Cette génération des Baby-boomers est une génération bien particulière et caractéristique dans le sens où elle est très attachée à sa liberté. C’est aussi bien, la liberté de mouvement et la liberté de pouvoir se déplacer que le besoin de se déplacer pour se sentir bien. Cette valeur de liberté va pousser les Baby-boomers, non seulement, vers les véhicules autonomes pour la mobilité, mais également, pour garantir cette valeur de liberté.

Ainsi, il est possible de penser que les Baby-boomers vont pouvoir rester plus longtemps, en milieu rural, dans leur logement actuel. En effet, les véhicules autonomes leur permettront de se déplacer plus facilement. D’ailleurs, lorsque nous avons réalisé en 2016, une étude de marché sur la notion de distance et d’éloignement chez les Baby-boomers et les Seniors, nous avions noté que les Seniors jugent plus souvent une distance en kilomètres alors que les Baby-boomers la mesurent, plus facilement, en temps pour la parcourir.