Notre spécialité c’est
le verre ophtalmique. Celui qui corrige les défauts visuels, qui constitue
les lunettes.
Nous sommes leaders du marché des verres ophtalmiques (25% de part de
marché mondial) et 5 % de notre CA est consacré à la R&D,
c'est-à-dire autant que sont capables de faire les n°2 et n°3
du marché.
J’imagine qu’une
très grande partie de vos clients finaux ont plus de 50 ans ?
Il se passe quelque chose aux alentours de 47 ans : tout le monde devient
presbyte. C’est la difficulté à voir de près en vieillissant.
Généralement les premiers signes arrivent aux alentours de 42
ou 43 ans, mais sans gêne précise.
C’est évolutif aux alentours de 60 ans au maximum. Ensuite, la
vue reste à peu près la même.
En France, il y a environ 60% de
la population qui porte des lunettes et au cœur de cette cible, il y a
22 Millions de presbytes.
Cela arrive à un moment assez
difficile de la vie car il s’agit de la période où l’on
se trouve dans la force de l’âge, entre 40 et 50 ans.
C’est d’ailleurs très
intéressant de constater que les personnes qui portent des lunettes depuis
toujours, vont passer ce cap de façon quasi inaperçue.
Les gens qui n’ont jamais porté de lunettes, par contre, le vivent
vraiment comme un signe de vieillissement. Le regard des autres est d’ailleurs
très important et le phénomène est presque vécu
comme un traumatisme. Cet accessoire très banal que sont les lunettes,
prend alors une dimension très importante chez ces personnes là.
Les 50+ représentent donc
pour nous une cible très importante, et très particulière.
Sur un plan psychologique ce sont des gens qu’il faut particulièrement
bien prendre en charge car le traumatisme est déjà suffisamment
important pour que nous n’en rajoutions pas.
J’ai beaucoup entendu
parler des problèmes rencontrés par les consommateurs pour réussir
à s’adapter aux verres de presbytes, avez vous des projets innovants
dans ce domaine ?
La première chose, consiste déjà à s’habituer
à porter de lunettes sur son nez pour toutes les personnes qui ne portaient
pas de lunettes avant.
Ensuite, 3 solutions existent : les lunettes loupes ou les verres unifocaux :
beaucoup de personnes commencent avec cela avant de franchir le cap du verre
progressif. Enfin, la monture équipée de verres progressifs.
Il y a une légende qui veux
que le verre progressif demande une effort d’adaptation : c’était
vrai au début, plus aujourd’hui.
Essilor a inventé le verre
progressif connu sous la marque Varilux, et tout notre travail depuis 50 ans
a été de faire en sorte qu’il n’y ait plus de problèmes
d’adaptation.
Il y a eu énormément de progrès qui ont été
faits.
La dernière génération que nous avons lancée début
2006 est les verres Varilux Physio, qui va encore plus loin d’un point
de vue technologique, et nous arrivons à une netteté d’image
et un confort formidable. Les porteurs ont l’impression de ne plus porter
de lunettes tellement leur vision est naturelle avec ces nouveaux verres.
La presbytie est , comme vous me
l’avez dit, un signe de vieillissement…
Oui c’est sur, c’est un signe de l’âge qui apparaît
en même temps que d’autres comme la ménopause.
Une vraie jolie paire de lunettes est bien plus ‘jeune’ que des
lunettes posées sur le bout du nez !
Assumer sa presbytie c’est aussi avoir une gestuelle plus moderne.
Savez-vous combien de temps
faut-il au client final pour se décider à s’équiper
de lunettes, à franchir le cap ?
Il peut mettre 2 à 3 ans pour ceux qui ne portent pas de lunettes, pour
plusieurs raisons :
D’abord le fait qu’il ne comprend pas vraiment ce qu’il lui
arrive quand il ne porte pas encore de lunettes.
Ensuite, il faut avoir un rendez vous chez l’ophtalmologiste, le délai
étant parfois très long.
Enfin, les problèmes de vision ne sont souvent pas des situations d’urgences,
en comparaison aux maux de dents ou autres : le patient prend donc plus
souvent son temps pour s’en occuper, malgré la gêne occasionnée.
Quelle est votre position sur le
« coupe de gueule de l’Asnav » ?
C’est le Comité Interne de l’Optique qui est derrière
toute cette campagne. C’est la première fois que toute la profession
s’est mobilisée.
Ce qui serait grave c’est que
les lunettes perdent leur statut de produits de santé. Et c’est
ce pourquoi nous nous mobilisons tous aujourd’hui.
Notre métier est complexe :
c’est un métier de pouvoir conseiller un verre, et seul l’opticien
est aujourd’hui habilité à le faire, seul l’ophtalmologiste
est capable de déceler des pathologies graves chez ses patients.
Pour nous, sortir les lunettes du
domaine de la santé, c’est ne plus donner à ceux qui ont
des défauts visuels la qualité de vue dont ils ont besoin et
çà c’est grave.
Avez-vous des projets de
développement à court terme ?
Nous étendons la gamme autour de notre dernier né: Varilux Physio.
Nous avons sorti une version supplémentaire depuis le début de
l’année, Varilux Physio Fit. C’est un verre qui nécessite
la prise de 5 mesures afin de donner une vision de près encore plus précise
au porteur.
Nous lancerons en juin Varilux Physio Short, un verre destiné aux presbytes
qui souhaitent porter des petites montures. Encore une fausse image des verres
progressifs à combattre : pas besoin de grandes montures pour porter
des verres progressifs ; on peut être à la mode et suivre
ses envies mêmes après 45 ans… !
Cette année nous allons également sortir la quatrième génération
de notre verre haut de gamme, Varilus Ipseo, un verre personnalisé car
il prend en compte les mouvements de la tête et des yeux dans l’élaboration
de sa surface. On n’a pas les mêmes besoins visuels selon qu’on
bouge plus ou moins la tête ou les yeux pour voir. La mesure est faite
en magasin avec un appareil spécifiquement conçu pour cela :
le Vision Print System.