Comment vous est venue l’idée de créer
ce produit innovant?
J’ai un ami très proche qui est chirurgien et dont la maman est
atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Il a cherché un outil qui pouvait les aider au quotidien, à gérer
cette perte de mémoire et, à son grand étonnement, il n’a
rien trouvé !
Il donc décidé de l’inventer, de le faire breveter et c’est
à ce moment là que nous en avons discuté tous les 2, car
il cherchait quelqu’un pour l’aider à monter une entreprise,
et s’occuper de la commercialisation du produit.
D’ailleurs, entre temps, il avait obtenu avec le produit un prix au concours
des inventions de Genève.
C’est donc comme ça que l’entreprise été
créée en janvier 2008, sur ce brevet et ce produit ‘ MEM-X’
(MEM comme ‘Mémoire’ et X comme ‘multiplier’).
Vous êtes vous fait assister de professionnels
durant la phase de développement du produit ?
Absolument. Nous avons été aidés notamment par des spécialistes
de l’enregistrement numérique pendant la phase de développement
technique, mais aussi à posteriori par une ergonome, nous l’avons
également testé au sein du service de Gériatrie du CHU
de Bordeaux, de l’association des paralysés de France, etc…
Nous avons également demandé au laboratoire Agéis, qui
est missionné par le gouvernement dans le cadre du plan Alzheimer pour
recenser les gérontechnologies, de faire un programme d’évaluation
en collaboration avec l’assistance publique Hôpitaux de Paris. Nous
avons ainsi pu faire tester le produit par des professionnels de la santé,
mais aussi entendre les suggestions des utilisateurs et clients potentiels sur
les évolutions à apporter sur le produit actuel et les générations
futures.
Pouvez vous nous parler de la méthodologie d’utilisation
de cet appareil ? Qui enregistre les mémos ?
Le produit a 2 faces :
Une pour l’aidé : qui permet d’écouter les messages
parlés via un haut parleur
Une pour l’aidant : clavier de programmation et micro pour l’enregistrement
du message avec sa propre voix.
Le clavier de programmation permet d’enregistrer et programmer un message
à diffusion unique ou répétitive, que la diffusion soit
quotidienne à heure fixe pendant 1 semaine à 3 mois, ou hebdomadaire
pour un jour et une heure donnés. Les programmations quotidiennes sont
notamment utiles pour les patients en traitement qui doivent prendre des médicaments
fréquemment et à heures fixes. ( Parkinson ou insulino-dépendants
par exemple)

L’appareil peut-il se programmer à distance ?
Non pas dans la version actuelle. C’est un appareil complètement
autonome, alimenté par une pile et à porter autour du cou. Il
n’est pas prévu aujourd’hui pour être programmable
à distance, mais pour être totalement autonome et le plus simple
possible.
Nous avons tenu à ce que l’utilisation du MEM-X
soit la plus simple possible pour ne pas mettre de frein avec une population
cible qui n’a pas grandi avec la technologie, et n’est pas forcément
à l’aise avec ce type d’outils.
Souvent, la crainte de l’échec pousse l’aidé à
rejeter le produit : nous ne voulions en aucun cas nous retrouver confrontés
à ces comportements.
Nous avons donc simplifié le produit au maximum, il est
très facile d’utilisation autant pour l’aidant que pour l’aidé.
Avec cet appareil là, les aidés donnent l’impression de
se souvenir des choses même si ce n’est pas le cas. Et pour ces
personnes, il est très important de conserver cette autonomie, pour l’estime
de soi.
Permettre au maximum de gens de pouvoir rester à domicile
le plus longtemps possible, en simplifiant la vie des aidants : c’est
notre leitmotiv.
Quel réseau de distribution utilisez vous ?
Les magasins spécialisés, nous travaillons avec certaines pharmacies
en nombre limité pour l’instant, mais sommes en discussion avec
les réseaux pharmaceutiques avec l’objectif d’avoir un partenariat
avec 1 pharmacie dans chaque grande ville de France.
Avez-vous des projets de développement ?
Oui, nous planchons actuellement sur une MEM-X 2, qui aura des fonctionnalités
différentes et complémentaires, comme la programmation à
distance par exemple, mais qui du coup, ne sera plus totalement autonome. Nous
allons donc garder les 2 produits de manière à proposer les 2
versions à notre clientèle en fonction de leur besoin et de leur
préférence.
MEM-X c’est également le premier appareil de ce
type dans le monde. Nous sommes donc actuellement en train de préparer
avec l’aide de la CCI de l’Essonne et de Scientipôle Initiative,
le développement du MEM-X à l’export. (Europe et Amérique
notamment)
Vous avez pensé à la Grande distribution ?
Oui, mais ce n’est pas le créneau que nous souhaitons utiliser
aujourd’hui. Nous voulons garder un réseau médical ou paramédical.
La GMS a une connotation gadget à laquelle nous ne voulons pas que le
produit soit associé : c’est une aide utile, pas un gadget
de plus.