Pouvez vous me décrire votre clientèle
actuelle ?
C’est une clientèle de personnes âgées, la moyenne
d’âge est de 72 ans. Principalement des personnes qui pour la plupart
du temps réagissent très tard à leurs problèmes
d’audition par manque d’information. Cette clientèle a tendance
à positionner l’audioprothésiste comme un médecin,
à favoriser le relationnel et à se laisser guider dans la démarche.
Je mets cela en opposition avec la génération
des 55 à 65 ans, qui eux, veulent savoir comment ça marche, comprendre
ce qui leur arrive, comparer les prix, les services, etc… c’est
une clientèle qui a besoin de beaucoup plus de transparence.
Nous communiquons beaucoup et de nouveaux clients viennent nous voir pour un
bilan auditif gratuit, et ces personnes sont plus jeunes : moins de 65
ans.
Nous avions il y a quelques années 25 à 30% des
prospects qui avaient moins de 65 ans, et depuis 2 ans ils représentent
40% de nos prospects. Ce que nous observons dans les centres ce sont des gens
de cette génération qui se renseignent et viennent chercher de
plus en plus d’informations pour anticiper et se préserver un bel
avenir coté santé.
Je pense que cela est aussi lié à notre politique de communication,
mais je remarque qu’il y a plus de réactivité aujourd’hui.
En terme de communication, vous ciblez particulièrement
les plus jeunes ?
Nous utilisons la communication pour nous faire connaître, pour informer
l’ensemble de la population sur les troubles de l’audition et nos
services : nous travaillons principalement sur les plus de 50 ans. Une
partie importante de notre travail consiste aussi à faire de la prévention,
également la prévention au bruit qui provoque, et notamment dans
certains milieux professionnels très bruyants, une accélération
de la baisse naturelle d’audition (la surdité est la 2ième
cause de maladie professionnelle en France)
Ce que nous cherchons à faire aujourd’hui au niveau
de notre positionnement, c’est donc de répondre aux attentes de
la nouvelle clientèle : informations complètes et claires,
qualité de service, compétitivité des prix, garantie du
résultat
En terme d’innovation, comment faites vous pour
choisir vos fournisseurs ?
Nous travaillons par la centrale d’achat des audioprothésistes,
qui nous permet d’obtenir des prix compétitifs par rapport aux
enseignes nationales sans avoir à acheter le même volume de produits :
c’est le premier point important. Cette centrale d’achat nous permet
de travailler chez l’ensemble des fournisseurs du marché, nous
sommes entièrement libres.
Notre volonté est vraiment de présenter du choix
en terme de gammes, en terme de prix (à partir de 649€ l’aide
auditive tous services compris), de manière à être accessible
à tout le monde, à répondre aux besoins du Grand Public.
Nous tenons également à être à la pointe de la technologie.
La miniaturisation a changé le marché, les appareils
sont très discrets et nous tenons à rester attentifs à
cela : les produits peuvent attirer nos clients par leur discrétion.
Aujourd’hui les intra- auriculaires et les RIC (ou RITE :
Receiver In The Ear = écouteur déporté dans l’oreille)
nous permettent de traiter les surdités avec une réelle discrétion,
voire de manière quasi invisible.
Que pensez vous des nouveaux implants ?
Tout dépend du type d’implant dont on parle. Dans tous les cas
ce sont des problèmes auditifs bien particuliers que l’on traite
et les résultats sont bons. Mais l’opération représente
souvent un frein pour le patient.
Si je comprends bien vos produits phares sont les intra-
auriculaires ?
Nous présentons ce produit en particulier, oui, car quasi invisible par
sa situation dans le conduit auditif. Mais il faut que la baisse de l’audition
le permette soit 30 à 40% des cas.
Après l’intra- auriculaire, il existe également
toujours le contour d’oreille : la solution « classique »
(la moins discrète avec des cheveux très courts) mais toujours
à la pointe de la technologie et apportant de très bons résultats.
Il y a une génération d’appareil qui n’a
fait que passer pour nous, c’était l’open : permettait
de traiter les surdités légères, mais pour ceux qui souffraient
de surdité plus prononcée, ces appareils n’étaient
pas adaptés. C’était un appareil plus petit qu’un
contour traditionnel : il plaisait beaucoup d’un point de vue esthétique.
Une quatrième catégorie qui s’appelle les
RIC (représentent bien 40 % de nos ventes) ont vraiment un gros intérêt :
ce sont des appareils qui permettent de traiter quasiment toutes les surdités,
d’un niveau technologique très au point et qui sont très
discrets (mini contour), un design qui plait énormément au patients.
Il existe même des appareils colorés, nacrés, en léopard,
certes ce sont des produits ‘fun’ mais cela permet aussi de démystifier
l’image que les gens peuvent avoir des solutions auditives.
Pour la population des 50-65 ans, vous pensez que l’esthétisme
est un frein réel ?
Je pense sincèrement que l’esthétisme est un frein pour
tout le monde. Les personnes qui sont très âgées peuvent
être aussi très attachées à l’esthétisme.
L’autre frein en terme d’image est le handicap « visible »
associé au port d’aides auditives, à l’inverse des
lunettes qui sont même des éléments de mode maintenant !
Par contre la surdité doit être vraiment traitée
le plus tôt possible : réagir trop tard à une baisse
d’audition prive toujours d’un bon résultat (perte progressive
et définitive de la capacité de compréhension) même
avec une aide auditive haut de gamme - et pour les premières gênes,
les solutions d’aides auditives sont on ne peut plus discrètes
et esthétiques.
J’insiste, mais il faut que la population soit sensibilisée aux
troubles de l’audition, à la prévention et aux solutions
pour ne pas s’isoler du monde sonore. Alors, après 55 ans, il est
indispensable de faire contrôler régulièrement votre audition !
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